Confessions

Des fois, ça tourne dans ma tête. Je tourne et retourne les mêmes idées, les mêmes sentiments, les mêmes choses. Sans cesse, sans interruptions, sans arrêt. Les mêmes. Les même qu’il y a quelques jours, quelques mois, quelques années.

Toutes ces idées que j’aimerais ressortir, prononcer, émettre, sans être jugée, sans pitié, sans regard larmoyant, réprobateurs, méprisants.

Ces idées, qui passent et repassent, sans cesse, depuis combien de temps déjà? Je ne sais plus. Trop de temps sans doute.

Aujourd’hui, ça a tourné au boulot. Toute la journée, pendant sept heures. Plus, si je compte maintenant.

Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi je suis comme ça.

Pourquoi est-ce que je suis ainsi, toujours insatisfaite, incapable de profiter d’un moment de joie sans avoir une arrière pensée, déprimée, incapable de faire quoique se soit, de me tenir à un projet, de m’aimer, ou du moins m’apprécier, me tolérer? Qu’est-ce qui a fait, dans mon passé, dans ma vie antérieur, pour être comme ça?

J’ai vu, dimanche, pour mon anniversaire, où je me suis retrouvée, là, comme une conne sur ma chaise, à me rendre compte que je ne profitais pas du moment, trop occupé à chercher la petite bête, ce qui va pas, le point noir.

Comme une vieille peau aigrie, je regarde la vie en cherchant la petite bête, en me concentrant sur ce qui ne va pas, sans voir qu’au final, la vie est pas si pourrie que ça.

Et puis il y a aussi mon caractère, le fait de ne pas savoir qui je suis réellement. Je me fais l’impression de n’être qu’une marionnette dans ma vie, comme si je n’avais aucun contrôle, qu’on me faisait jouer un rôle.

Parce que je joue un rôle, constamment. Un rôle pour m’adapter à la personne en face de moi, à ce qu’elle attend de moi, à ses désirs.

J’ai été « soumise » pour être relativement tranquille au collège. Collège. Les pires années de ma vie. Celles qui ont réduit mon amour propre à néant, celles qui m’ont fait me détester, me haïr. Moi, mon corps, ma personnalité, tout. Celles qui m’ont réduits  à l’était de sous-merde de sous-merde. Celles où j’ai compris, même si j’avais déjà bien commencé en primaire, que je n’étais rien, qu’on pouvait se jouer de moi, m’utiliser à sa guise. Et surtout, ne pas répliquer. Jamais. Sinon, c’est moi la fautive, c’est moi qu’on puni.

Bourrine au lycée pour m’adapter au groupe de filles que je fréquentais. Bourrine, je le suis restée un bon moment, longtemps, pour me sentir appartenir à un groupe, être « aimée » de quelques personnes, ne pas être seule. Je sais, c’était comme ça que je leur plaisais, alors j’ai continué, longtemps. Et je continue encore, quand je revois L.. Certaine fois, même, ce trait ressort tout seul, sans même qu’il y ai une personne de ce groupe.

Bourrine, encore un peu plus, mais sauvage, distante, asociale. Ne pas sortir, ne pas me montrer. Me contenter d’aller en cours, de rentrer chez moi. D’aller voir le Loup les week-end. Mais surtout, ne pas me mélanger. Jamais.

Masculine à l’extrême, allant jusqu’à l’extrême limite, au point de quasi non retour. Au point où il me serait arrivée quelque chose, ça n’aurait étonnée personne. Tout ça pour me protéger. Me protéger de tous ces abrutis qui, sans aller jusqu’au bout réellement, me harcelaient sexuellement. C’était la seule réponse que j’avais trouvé, à l’époque, et même encore maintenant, pour contrer leurs « attaques ». Être pire qu’eux, toujours. Prouver qu’ils ne m’atteignaient pas. Et ne le feraient jamais. Ne pas laisser voir la petite fille qui hurlait de peur, de terreur, d’impuissance au fond de moi. Jamais.

Un peu folle maintenant, collant au personnage que l’on voit. Faire la conne, pondre des conneries plus grosses que moi, donner le change en répliques de films. Pour être « intégrée », même si je sais, j’ai vu, qu’au final rien a changé.

On me prend jusqu’à ce qu’on ai plus besoin de moi.

Je crois que tous ces rôles que j’endosse, aussi bien avec le Loup, ma famille ou mes amies, c’est pour me protéger d’éventuelles agressions. Mais à cause de ça, je ne sais pas quel rôle est le miens, qui, parmi tout ça, est réellement moi. Un peu tous, je sais, mais cette réponse ne me convient pas.

Quand ma mère dit que j’ai changé, je me demande si j’ai changé en bien ou en mal. Si j’ai abandonné mon rôle de bourrine, qu’ils ont l’habitude de voir, pour un autre qu’ils ne connaissent pas. Devrais-je reprendre ce rôle, juste pour eux, quand je les revois?

Moi qui me pense forte, à  toute épreuve, je ne suis qu’une pauvre gamine effrayée par ce monde qui ne trouve refuge que dans ses bouquins.

Je ne suis jamais contente de ce que j’ai. J’ai vu ma mère dimanche, ses critiques contre le gâteau qui était au chocolat au lait, qu’elle n’aime pas, le vin blanc qui n’était pas celui qu’elle voulait, mais non elle est pas difficile en cadeaux, un bijoux, dans la petite boutique du Vieux Lyon, qui coûtent 15€. Et j’avoue, je me suis vue en elle.

Je râle quand ça me plait pas, je ne suis quasiment jamais satisfaite, il y a toujours quelque chose qui ne va pas, à faire la gueule parce que je voulais ci et pas ça etc. Et j’aime pas. ça me plait pas de me voir comme ça. Alors, j’essaye de changer, de trouver quelque chose de positif dans ce qui ne me plait pas. C’est dur, mais j’espère ainsi changer ce trait de caractère.

Mais, vraiment, je me demande ce qui m’a rendu comme ça. Qu’est-ce qui a fait que je me retrouve à jouer des rôles, différents selon les gens avec qui je suis? Qu’est-ce qui a fait que je ne vais jamais bien?

J’ai un souvenir (enfin plusieurs) qui m’est revenue ce matin. C’était il y a quelques années, je ne sais même pas si j’étais avec le Loup à cette époque.

J’étais dans le métro, baladeur sur les oreilles et deux filles se sont installées devant moi. Je les ai reconnues tout de suites. Elles étaient de ceux qui m’emmerdaient au collège. Elles m’avaient reconnues aussi. A travers ma musique, je les ai entendu, distinctement, dire « Qu’est-ce ce qu’on a pu la faire chier au collège. La pauvre ». Je me suis demandée, ce matin, si elles m’avaient dérangées ce jour là et qu’elles s’étaient excusées, est-ce que ça aurait changé quelque chose? Est-ce que ça m’aurait libéré, même un peu, de tous ces démons? Est-ce que ça aurait pu me soulager, me faire comprendre que non, ce n’était pas de ma faute, que je n’avais rien fait de répréhensible?

Je me souviens aussi de ce jour, de cette Saint-Jean. Je me souviens de ces trois garçons, de cet endroit, de cette nuit et des jours qui ont suivit. Il n’y a pas eu pénétration, j’avais croisé les jambes. Mais il y a eu d’autres choses. Je sais plus en quelle classe j’étais. CE2? CM1 ou 2? Je ne sais plus. Je sais qu’ils étaient venus me chercher chez moi, après cette soirée. Je les avais suivit mais il ne s’était rien passé. Si ça ne s’était pas passé, est-ce que j’aurais été différente?

Et ce connard, au lycée, qui m’avait charmé pendant un an, pour lequel j’avais eu des sentiments, et pour qui je n’étais, au final qu’un pari. Je l’ai fais payé l’année d’après en lui mettant une énorme gifle. Ou ce maitre de stage, qui me prenait pour son ex et qui, une fois m’avait invité au resto. Et, en me raccompagnant au lycée, m’avait serré contre lui, une gaule de tout les diables, en me disant « j’ai grave envie de toi ». J’en ai fait une crise de nerf, que L. a calmé avec une douche glaciale et une gifle. J’ai finis tremblante dans mon lit. Je passe ce gars, en classe, au lycée, qui sortait sa bite à tout bout de champs, ou l’autre, en BTS, qui l’avait sorti devant moi en me demandant de lui faire un bisou (sur sa bite, donc) (mais lui s’était excusé parce que, contre mon avis, le Loup s’en était mêlé) ou ce connard qui m’avait demandé « et si je te paie, tu couches avec moi? »

Grosse vache, clodo et autre et pourtant objet de désir.

J’ai eu l’impression aussi de n’avoir jamais ma place nul part. A aucun moment je ne me sens bien quelque part, sauf dans les livres, car là, je ne suis pas jugée.

J’étais toujours de celle qu’on choisit en dernier, dont on se sert avant de la jeter, de l’oublier, et de la reprendre. C’est pas grave, elle reviendra, on le sait tous.

Peut-être tout ça a-t-il contribué à ce que je suis. Je me rends compte que jouer ces rôles c’est, pour moi, vital. Pour ne pas être seule. Car, malgré ce que je peux dire, la solitude me terrifie. Je redoute d’être toute seule. Alors je m’adapte, tant pis si j’en prends plein la tête, si je ne suis qu’un pion. Au moins, je ne suis pas seule.

Je me demande aussi si c’est moi qui crée cette situation. Quand je suis dans un groupe, j’ai toujours l’impression d’être en trop. On ne m’écoute pas/peu. On balaye d’un geste, d’une remarque, ce que je peux dire, émettre. Comme si ça n’avait pas d’importance.

Est-ce moi qui, au final, par une attitude que je ne comprends pas, que je ne gère pas, qui me met ainsi à l’écart? Ou est-ce que je suis réellement inintéressante?

Et puis je n’ai aucune volonté.

J’ai décidé de reprendre des cours, sauf que ça fait un moment que je ne les ai pas touché. Je n’y arrive pas. J’arrive pas à m’y mettre. Je suis tellement crevée du boulot que je passe mon après-midi à dormir. Je sais que j’aurais des reproches si je le dis, alors je dis que ça avance petit à petit, mais que j’ai un peu de mal à m’y mettre. Dimanche ma famille m’a demandé si j’avais déjà envoyé un devoir. J’ai répondu par la négative et j’ai vu la déception, furtive mais bien là, dans le regard de mon père.

Je les déçois donc encore. Ma mère avait sans doute raison, je ne suis pas capable de faire des études. Après un bac passé deux fois, une erreur de parcours, un BTS eu de justesse mais qui ne me sert à rien et un boulot de merde, j’ai vraiment l’impression qu’ils ne sont pas fiers de moi, que je les ai déçu.

Je ne sais plus tellement où j’en suis. Je n’arrive pas à me faire une idée de moi-même parmi tout ça. Je n’arrive pas à prendre du recul sur tout ça, d’analyser à tête reposée.

Alors je me contente de laisser toutes ces pensées tournées et retournées dans ma tête, sans arriver à les apaiser, à les dire, à les exprimer.

Je ne sais plus quoi faire pour me sortir de là. Le pire c’est que j’en deviens méchante. Je ne me reconnais plus dans mes actes et mes pensées.

Voilà, encore un article décousu, mais j’avais besoin de mettre tout ça par écrit, pour voir si ça m’aiderait. Pas apparemment.

Joyeux Noël à tous et toutes!

Accident {nouvelle}

Ils sont tous là ; la famille, les amis, tous. Serrés dans l’appartement, ils parlent, chuchotent quelques fois, mais pas de rire, pas un mot plus haut que l’autre. Certains arborent une mine sombre, d’autre pleurent un peu. Moi, je les regarde défiler devant moi. Je les laisse me toucher, me serrer dans leurs bras, me murmurer doucement que ça va aller. Plaquée contre la porte du couloir, je remonte ces quelques jours. Improbables, flous, étranges. Irréels.

Mercredi, je pars au boulot, comme d’habitude. Tout le monde dort encore, je fais doucement. Vers 7h30 j’attends son coup de téléphone. A 8h je commence un peu à m’inquiéter, mais un peu seulement. Il doit avoir une réunion, ou alors il a oublié son portable. Je lui envois un message : « passe un bonne journée, je t’aime ».

Je reçois au même moment un appel de la nounou. Elle s’inquiète de ne pas avoir la puce. Je lui dis que je vais appeler mon mari. Une pointe d’inquiétude commence à poindre en moi. Il lui arrive d’être en retard, mais jamais autant. Je l’appelle mais tombe directement sur sa messagerie. J’essaye à la maison, en vain. J’ai à peine raccroché, une boule au ventre, que je reçois un autre coup de téléphone.

« Madame L. ?

-Oui

-Bonjour, professeur K. de l’hôpital Edward Herriot. Nous vous appelons car votre conjoint a eu un accident de voiture. Est-ce que vous pourriez venir ?

-Bien sûr ! Es-ce que c’est grave ?

-Il vaut mieux que vous veniez.

-J’arrive »

Je quitte le boulot précipitamment. Ma chef me propose de me ramener, de venir avec moi. Je refuse. ça ne doit pas être bien grave, sinon ils me l’auraient dis, non? Je saute dans ma voiture et fonce vers l’hôpital, négligeant le code de la route.

Tremblante, je me présente à l’accueil.

« Bonjour, je suis Madame L. On vient de m’appeler pour me dire que mon mari avait eu un accident.

-Attendez, je regarde. Oui, je vais vous accompagner. »

L’infirmière m’accompagne dans une chambre vide et me demande de patienter, le médecin va bientôt arriver. Je tourne en rond les quelques minutes que durent mon attente. Que s’est-il passé? Lui qui est si prudent d’habitude, qui ne dépasse jamais les limitations de vitesses, plus encore quand il a la puce.

Le médecin passe enfin le seuil de la pièce. Je vois à son regard, son attitude que quelque chose cloche. Je refuse de laisser le désespoir me gagner.

« Asseyez-vous madame.

-Puis-je voir mon mari? Et ma fille?

-Madame, asseyez-vous. »

J’obtempère, son ton ne souffrant d’aucun refus.

« Comme je vous le disais, votre mari a eu un accident. Un bus lui a coupé la priorité et il n’a pas pu s’arrêter.

-Mais ils n’ont rien! Enfin, je veux dire, ils vont s’en sortir, non?

-Je suis désolé. Le choc a été d’une très grande violence. Votre fille est morte sur le coup. Votre mari a eu une grave hémorragie interne. On a fait ce qu’on a pu, mais c’était trop tard. »

Je n’entends plus ses mots, la suite de son discourt. Morts. Ils sont morts tous les deux. Je reste interdite, les bras ballants. Ce n’est pas possible. Ma puce, ma fille, mon bébé, qui dormait du sommeil du juste, en travers de son lit, serait morte? Mon homme, qui ronflait alors même que je partais au travail, serait mort? Non, c’est faux, c’est impossible.

« Pardon?

-C’est faux, n’est-ce pas? C’est une blague. C’est pas possible autrement.

-Je suis vraiment désolé madame.

-Très bien.

-Voulez-vous les voir?

-Oui. »

Il m’emmène à la morgue. Je vois deux corps recouvert d’un  drap. Un grand et un tout petit. Je m’approche lentement d’eux. Leur tête est découverte. C’est bien eux, c’est bien mon mari et ma fille. Mes larmes coulent doucement, comme si, elles non plus, ne croyaient pas à tout ça.

Le médecin m’emmène dans son bureau et me parle de papiers à faire, des funérailles et tout ce qui va avec. Je ne l’écoute que d’une oreille, je n’ai pas la tête à ça. Et puis je ne comprends pas la plus part de ses mots. Je veux rentrer chez moi, rentrer et me blottir sous ma couette, pour oublier tout ça.

Après, je ne sais plus trop. C’est un brouillard épais qui entours les évènements. J’ai fait des papiers que je ne comprenais qu’à moitié, j’ai organisé leur funérailles, annoncé tout ça à des amis, la familles, les collègues.

Et me voilà aujourd’hui, à regarder tout ce monde venu me dire leurs condoléances, venu me soutenir, me dire leur amitié. Mais qu’est-ce que je m’en fou, moi. J’ai envie de leur hurler de partir, de me laisser seule, que tout ça ne sert à rien puisqu’ils sont morts, qu’ils ne comprendront jamais cette douleur, ce vide en moi.

On me dit que je suis forte, parce que je ne pleure pas, parce que je souris. Non, je ne suis pas forte, ma peine est juste au-delà des larmes. Et si je souris, c’est pour ne pas en rajouter, pour rester maitre de moi-même.

Au bout de ce qui me paraît une éternité et après avoir gentiment refuser que ma mère reste avec moi, je ferme la porte sur le dernier invité. Je m’appuie sur la porte et soupire. Enfin seule.

Mécaniquement, je débarrasse les assiettes, réunis les restes dans un tupperware et fais la vaisselle. Puis je me pose sur le canapé, éreinté. Je regarde l’appartement ; la console qu’il n’allumera plus, la TV éteinte, le parc vide. Le silence. Pesant, lourd, sans vie.

Le chat vient sur mes genoux, comme pour me dire que je ne suis pas toute seule, pour me rassurer. Je le caresse machinalement et allume la TV, pour combler ce vide, ce silence.

Le barrage cède, le mur se brise, les larmes jaillissent.

Ils sont morts.

Réflexions d’un soir de décembre

L’être humain prend tout pour acquis. Il se doit d’avoir le contrôle sur tout, d’avoir tout ce qu’il veut, ce qu’il souhaite.

L’être humain est vil, cupide, avide de tout, surtout d’argent et de pouvoir.

L’être humain est cruel, odieux, immature, égoïste.

L’être humain, pour ça, je l’exècre.

Et pourtant, il est capable du meilleur.

Il est capable d’amour, d’humilité, de compassion.

Il est capable de s’adapter, de s’investir, de changer.

Il peut, d’une parole, d’un combat, faire changer les choses, changer les mentalité, les points de vus.

L’être humain, pour ça, je l’aime.

 

Avec l’hiver qui s’est installé pour de bon, mon moral est en baisse. Il est même sur la mauvaise pente. Encore ces foutus démons qui me tirent vers le bas. Je les croyais partit, ou tout du moins cachés. Mais ils sont toujours là pendant les moments de faiblesses. La moindre inattention, le moindre relâchement et ils en profitent pour sortir de l’ombre.
Ils sont de partout autours de moi. Pas une minute de répit. Ils sont toujours là, ils m’accompagnent où que j’aille et quoi que je fasse. Toujours là pour me susurrer des mots douloureux, me rappeler de mauvais souvenirs que je croyais bien enfouis, bien cachés tout au fond, derrière cette porte. Toujours là pour me rabaisser, me montrer mes erreurs, mes défaites, mes blessures.

Ces démons qui, ils le savent, ont tout pouvoir sur moi. Ces démons qui, d’une caresse, d’un regard, d’un mot, me font plier, sombrer. Je les vois, autours de moi, heureux de me voir ainsi. Ombres mouvantes à la périphérie de mon regard le jour, démons sanguinaires la nuit.
Et pourtant, j’avoue bien malgré moi, que quelques fois j’aime me blottir contre eux, me laisser aller, emportée par leur mots chuchotés à mon oreille, lasse de me battre, de lutter, de garder la tête hors de l’eau. Et là je sombre totalement, je coule à pic. Pas un rayon de soleil pour m’éclairer, pas une lueur d’espoir pour me soutenir. Et pourtant je sais que la remonté sera toujours plus dur, qu’il ne faut pas que je tombe trop bas, mais je ne peux m’empêcher d’aller plus bas.

 

J’aimerais arriver à profiter des plaisirs simples de la vie. Un sourire, une main tendu, un mot gentil. un rayon de soleil, une forme de nuage, le chant d’un oiseau. Le sourire de ma fille, un mot doux de mon homme, un coup de fil à ma grand-mère.Me contenter de ces choses qui font la vie, me dire que je ne suis pas à plaindre, voir la vie du bon côté.
Regarder autour de moi, prendre le temps, sortir de mon monde et vivre dans celui-là.
Il est vrai que, quand je sors, je regarde autours de moi, à la recherche de trésors, de choses incongrues, insolites. Je prends le temps de regarder, je ne reste pas le regard fixé devant moi.

J’aimerais pouvoir reconnaître les plantes sauvages, celles qui se mangent ou non. Chercher les champignons ou les plantes médicinales. Me ressourcer auprès de la nature, revenir à la base.

J’aimerais aussi me libérer de ce démon qu’est l’argent. Il nous pourrit la vie, nous prive de nos besoins fondamentaux, qui nous enlise dans notre malêtre, qui nous prive de notre bonheur (qui ne s’est jamais dit qu’il allait devoir se serrer la ceinture, virer le « superflus » pour pouvoir manger en voyant sa déclaration d’impôt?). Ce démon qui fait que certaines personnes n’ont plus rien alors que d’autres ne savent plus quoi en faire.

J’aimerais arrêté de râler, de ronchonner pour un rien et me dire qu’au final, ma vie est belle.

J’aimerais aussi retrouver le temps. Le temps pour mes cours, pour mes romans, pour moi, mes popotes, la cuisine. Pour me poser, réfléchir, flâner.

 

Vidéo extraite du film La Belle Verte

De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas

ça fait longtemps que j’ai envie de faire et article. Pour me décharger, m’exprimer, mettre tout ça par écrit et, peut-être, essayé d’y voir plus clair. De prendre du recul.

J’avoue quand même que j’ai du mal à y croire, mais allons-y gaiement.

Voilà, depuis plusieurs semaines maintenant, dans la meute, ça va plus. Du moins de mon côté.

Je supporte de moins en moins mon Loup. Voilà, c’est dit. Certains jours, je n’ai qu’une envie, c’est de prendre ma gamine, nos clics et nos clacs et me barrer. Pas trop loin, dans le quartier, pour qu’il puisse tout de même voir sa fille (et ne pas à avoir à chercher une autre nounou). Mais ne plus vivre avec lui.

J’en ai marre de son attitude de geek. Il rentre le soir, se pose devant sa console et n’en bouge plus. De toute la soirée. Tous les jours.Il ne me pose même plus de questions sur mes journées, sur comment ça va. Et si j’ai le malheur de lui parler pendant qu’il est en pleine action, je me fais rembarrer comme une merde, j’ai le droit à un pétage de câble en règle, avec arrêt de la console, jet de la manette, la gueule, ton sec et froid (j’y ai eu le droit la semaine dernière). En outre, il ne s’occupe absolument plus de nous, ne joue pas avec Louvette, lui dit juste bonne nuit avec un câlin. Les seules raisons pour lesquelles il lève le nez de sa console c’est : pour manger, fumer sa clope, aller aux toilettes et ma faire l’amour (quand j’en ai envie, ce qui est de plus en plus rare vu l’intérêt qu’il me porte).
Mais il ne joue pas que le soir. Le week-end aussi. Quand je rentre du boulot le samedi matin, j’ai directement Louvette dans les bras et lui, si elle n’est pas déjà allumée, se met directement sur la console. Et là, il ne s’arrête que pour les raisons précédemment évoquées et pour dormir.

Parce que dormir, il en a besoin (moi non par contre…) que Louvette ai ou non envie de dormir. C’est comme ça que je me retrouve à passer la moitié de mon week-end dans la chambre de la puce, qu’elle dorme ou non (donc si elle dort pas, moi non plus). Le dimanche matin, il faut pas faire de bruit pour pas le réveiller. En général on attend donc entre deux et trois heures (selon l’heure du réveil de la puce) qu’il se lève. Idem les après-midis où on attends à peu près la même durée dans la chambre. Pourquoi dans sa chambre et pas dans le salon, où elle aurait plus de place et moi possibilité de faire autre chose? Parce que le Loup a besoin du PC ou de la TV pour s’endormir. Et qu’il dort sur le canapé (nuits comprises. ça fait quoi, quatre-cinq ans qu’on fait chambre à part). Et que, pour lui, hors de question de dormir dans le lit (parce que « c’est de la merde »). Donc pour nous, c’est la chambre. Par contre, pour lui, hors de question de faire la même chose. Pas moyen qu’il s’occupe de la puce (même dans le salon) quand je suis là ou que je souhaite dormir. Je ne pense pas être une mauvaise mère, mais passer trois heures dans la chambre de Louvette, ben c’est long. Très long. Et honnêtement, je me fais chier, au bout d’un moment. C’est pas que je l’aime pas, mais voilà quoi. Elle a ses jouets, on joue ensemble pas mal de temps, mais elle a autant besoin que moi de se retrouver seule de temps en temps pour jouer.

Sortir? Non, sauf s’il a besoin de quelque chose. Donc, le week-end, je sors Louvette une bonne partie de l’après-midi (le dimanche surtout, j’avoue que le samedi j’ai vraiment pas envie de sortir après le boulot). Aussi bien pour lui faire prendre l’air que pour le laisser dormir tranquille, sans gamine ou femme pour le réveiller/le faire chier. Au moins, ça nous a permit de faire le tour de tous les parcs de ma ville. Il ne vient jamais avec nous pour faire une balade. Pour lui, il lui faut un but, un truc à faire, sinon c’est de la perte de temps. Et il se fait chier. Si je le « force », il fait la gueule. Et puis de toute façon, il va passé une partie de la balade au téléphone avec ses potes. A croire qu’il peut pas sortir sans appeler quelqu’un, même si on est avec lui.

S’occuper de la puce? Oui, quand je ne suis pas là. Mais dès que je suis là, c’est finis. Je dois m’en occuper H24, qu’il pleuve qu’il vente ou qu’il neige. Que je sois malade ou non (« t’as voulut une gamine? T’assumes » dixit le Loup un jour où j’avais une mastite (inflammation du sein) et donc dans un état lamentable à pas réussir à gérer Louvette). Mais lui, quand il est malade, faut surtout rien lui demander vu que, comme tous les hommes, il est à l’agonie et va crever dans la seconde. Jamais il ne joue avec elle, ne lui donne son bain ou à manger (sauf quand je suis aux toilettes) autre que son biberon. Pourtant il l’aime, je le sais, mais non, il ne veut pas s’en occuper. Et si je souhaite, comme samedi, sortir voir une copine (seule de préférence), c’est soit j’amène Louvette avec moi (je répète que je l’aime, mais que se balader en ville toute l’après-midi avec une Louvette de 13 mois dans la poussette et les contraintes que ça impose (couches, goûter, accès poussette…) ça empêche pas mal de choses) soit j’appelle ma mère pour qu’elle la garde. Chose qu’il n’a pas voulut parce qu’on abuserait quand même (mes parents l’ont gardé le week-end du 11 novembre). Donc je n’ai aucuns moment à moi le week-end, je suis toujours avec Louvette. Et si je veux prendre une douche, c’est cinq minutes chrono, sinon ça va pas.

S’occuper de l’appartement? Non plus, il rentre du boulot et à pas envie. Ou il est fatigué de sa semaine et a besoin de se reposer.Par contre, il se gène pas pour me reprocher de rien glander, de pas ranger/faire la vaisselle/nettoyer/descendre les poubelles de tris. Alors que lui, il reste son cul posé sur son putain de canapé devant sa putain de console soir et week-end!!! Il ne se bouge que lorsque des gens doivent venir (ben oui, faut que ça fasse propre, pour l’étiquette). Et encore, il a trouvé l’astuce. Il fait rien, me laisse tout faire, et puis se bouge deux heures avant que tout le monde arrive, de me disant, d’un air contrit « j’ai pas fait grand chose ».
Pourquoi ne laisses-tu pas le bordel? Parce que, quand on reçoit, j’aime bien que ça soit un minimum propre quand même. Et que pour la puce, un appartement propre (ou relativement propre) c’est quand même mieux. Donc, entre mon boulot, mes cours, ma sieste et la gamine, j’essaye de caser le ménage. Sachant que j’exclue le week-end parce que ça le dérangerait si je passais l’aspirateur. Et puis ça m’énerve de ranger alors qu’il reste scotché à son écran, sa manette.

La vaisselle ou la cuisine, il ne faut même pas y penser. Pour preuve, il est repassé aux plats cuisinés et aux boites. Aussi bien pour ne pas faire la cuisine (et que je ne la fasse pas non plus), que la vaisselle. Même quand il y a du monde, je fais, en plus du ménage (enfin la partie qu’il ne fera pas) et Louvette, la cuisine et, une fois tout le monde partit (ou le lendemain), la vaisselle.

Je ne crois plus en ses grandes promesses. Lui qui, devant les autres, se dit homme de parole, ne l’est pas passé le seuil de l’appartement. Lui qui se dit ouvert n’est, au final, qu’une personne obtus. Je le trouve égoïste, nombriliste. Pour preuve, l’autre fois, quand on parlait des cadeaux de noël, il m’a dit qu’il ne connaissait pas mes goûts (soit disant que je change souvent). Après 8 ans ensemble, ça m’a un peu choqué. Est-ce que ça veut dire, qu’au final, il ne s’intéresse pas à moi, qu’il n’a jamais réellement fait attention à ce que j’aime?

Bref, c’est pas la joie en ce moment. Pourquoi tu lui dis pas au lieu de nous faire chier avec ça, me demanderiez-vous à juste titre?

Parce que, parler, ça le gave (il me l’a clairement dit). Il se braque directement dès que j’essaye de parler un peu sérieusement, part en gueulant et finis par faire la gueule. Parler est devenu impossible. Les choses banales, telles que sa journée, sa nuit etc. passent sans problèmes, mais parler de notre vie de couple, non, ça coince. Pourquoi? Je sais pas.L’autre fois je lui ai dit qu’il passait un peu trop de temps sur ses jeux, il s’est braqué directement, à faire la gueule et en me disant que je suis « une grande moralisatrice ».
Peut-être que je m’y prends mal avec lui. C’est vrai que j’essaye de comprendre ses choix, que je pose des questions, mais il se braque, freine des quatre fers et finis par s’énerver. Soit disant qu’il a pas besoin d’une psychanalyse et qu’il a l’impression d’être devant un psy à chaque fois que je parle.
J’ai essayé plusieurs approches, mais sans aucun résultat autre que l’énervement.

Je me prends à regarder les autres hommes (sans passer à l’action, je reste fidèle), à rêver d’une autre vie. A partir. Mes « je t’aime » sonnent creux , n’ont plus la saveur d’autre fois. Je le dis comme je dirais bonjour, sans trop de sentiments.Nos rapports amoureux sont de plus en plus rares, de moins en moins spontanés. Je n’ai plus envie, plus de désir (surtout depuis la naissance de Louvette) et je me suis même surprise à penser à autre chose pendant la chose justement.
Je suis obligée de réclamer un câlin de temps en temps, mais uniquement quand il ne joue pas. Du coup, je profite qu’il se rende sur le balcon pour en avoir un furtif, donné plus ou moins de mauvaise grâce.Non, je ne me retrouve plus dans mon couple et j’ai l’impression que je suis la seule à m’en rendre compte.

J’aimerais partir, mais plusieurs choses, plus ou moins bonnes, me freinent.Déjà j’ai investit beaucoup d’argent dans cet appartement. Comme le Loup n’avait aucun pécule, j’ai utilisé mon plan d’épargne logement pour financer le déménagement, l’achat des peintures, des meubles, des fournitures etc… Et j’avoue que laisser tout ça me ferait un peu chier. Surtout qu’un déménagement coûte asse cher et je n’ai plus d’argent nul part, aucune réserve. Et je ne souhaite pas revenir chez mes parents pour plusieurs raison, notamment l’éloignement par rapport à mon boulot (3/4 d’heure à 1h de trajet contre 20 minutes actuellement).
Et puis, ça serait égoïste envers Louvette. A chaque fois que je vois comment elle regarde son père, son regard d’admiration et d’amour, ses gros câlins quand il l’a prend dans ses bras, les grands sourires qu’elle lui adresse me font dire que je serais égoïste de partir, de la séparer de son père.
Mon boulot aussi ne me permet pas de changer si facilement. Mes horaires ne me laissent aucune flexibilité et je n’imagine pas le prix des nounous ni en toruver une pour ces horaires. Et puis j’ai mes cours à payer et c’est pas avec mon petit salaire que je réussirais à payer mes factures, mon loyer, le nounou et mes cours.

Mais est-ce que c’est simplement un coup de mou passager, suite à la venu de l’hiver de manière brutal, à une baisse de moral et un désintérêt pour mon travail? Ou est-ce un mal plus ancien, plus pernicieux? Je ne saurais dire.
Toujours est-il que l’envie de partir se faire ressentir. Pourtant, je dois bien peser le pour et le contre, pour ne pas prendre de mauvaises décisions, pour ne pas regretter plus tard.

« Et surtout tenez-bon » m’a dit mon psy mercredi. Dur mais il le faut, au moins jusqu’à la prochaine séance, où je pourrais m’épancher sur le sujet et avoir un avis extérieur.

 

PS : désolée pour ce pavé, certainement un peu décousue. Je n’ai plus trop les idées claires, aussi bien sur ce sujet que sur d’autres.

Rêve onirique

Il y a quelques années, alors que j’étais encore à Montélimar occupée à faire mon BTS, j’ai fais un rêve. Le genre de rêve qui vous laisse un goût étrange, une sensation bizarre. Un de ces rêves où on croit avoir réellement vécu ce moment, un qui restera gravé en nous. Un de ceux qu’on oubliera pas. Jamais. Je ne me souviens pas de tout, mais un moment du rêve tourne en boucle dans ma tête. Un moment que je regrette, que je me prends à vouloir refaire pour changer, pour voir si ça changerait vraiment.

Pendant ce rêve, j’étais dans mon appartement, à faire je sais plus, et un des quatre dieux du Chaos de Warhammer est venu me voir pour me proposer un contrat. Étant plutôt au courant des choses du Chaos dans ce jeux (forcément, c’est mon armée), je savais que ce dieu, Tzeench, n’est pas des plus sympa. En tant que dieu des mensonges, architecte du changement, je sais pertinemment que si il lui prend l’idée de se détourner de moi, je finirais au mieux morte, au pire en une espèce de truc qui ressemble à rien (genre ça).

C’est donc en toute logique que je refuse, lui disant que OK il est un de mes dieux préférés (avec Khorne) mais que bon, je suis pas folle au point de faire un contrat avec lui, que je tiens à mon âme (oui parce qu’en plus, à la fin, il récupère toujours votre âme) et que j’ai pas envie de finir en un truc qui ressemble à rien (déjà que je ressemble pas à grand chose dans la vraie vie) et dénuée de toute intelligence, sinon celle de détruire tout sur mon passage. Il est donc partit sans avoir eu son contrat.

Mais voilà, depuis quelques temps, je me demande : qu’est-ce qu’il se serait passé si j’avais accepté? Si j’avais effectivement dit oui, qu’est-ce qui aurait changé? Est-ce que mon destin aurait été changé? Est-ce que j’aurais été amené à changer?

Alors je sais que ce n’est qu’un dieu qui n’existe pas, mais voilà ce rêve m’a laissé un tel sentiment que j’en suis venue à croire tout ça. A me dire que oui, ce foutus dieu a daigné venir me voir, à se pencher sur mon cas et moi je le vire gentiment avec son contrat.

Mais bordel, qu’est-ce que ça aurait donné si j’avais dit oui? Je sais que j’aurais été un pantin dans ses griffes, mais ‘aurais pu changer les choses, trouver la force de faire certaines choses.

J’aurais pu marché la tête haute en me disant qu’un dieu (on va pas chipoter sur les intentions dudit dieu, hein) avait bien voulut se pencher sur ma personne, qu’il m’a jugé capable de l’aider dans ses desseins, qu’il me faisait confiance.

Et moi, j’ai refusé tout ça. J’ai dit non. J’ai certainement bien fait, mais j’ai quand même ce regret de ne pas avoir accepter, juste pour voir.

Et vous, vous auriez acceptés?

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